Il y a cette nuit, avant un grand oral, un permis de conduire ou un entretien décisif, où l'on refait le film vingt fois avant de s'endormir — et où l'on se réveille avec la certitude d'avoir tout oublié. Presque tout le monde connaît cette sensation précise : ce n'est pas la compétence qui manque, c'est la peur d'être jugé sur l'instant plutôt que sur des mois de travail. L'Instructor Examination provoque exactement ce vertige chez les candidats OWSI, et pour les mêmes raisons.
L'essentiel à retenir
- L'IE évalue votre capacité à enseigner en sécurité, pas votre niveau technique de plongeur.
- Elle est conduite par un examinateur externe, indépendant de votre centre de formation — c'est ce qui garantit l'homogénéité mondiale du niveau.
- Deux jours d'épreuves, réparties en trois modules indépendants : théorie et présentation en salle, eau confinée, milieu naturel.
- Des seuils chiffrés et connus : 75 % à chaque écrit, 3,4 sur 5 en salle, 3,5 sur 5 en eau confinée, 17 sur 25 au circuit de compétences, 3,4 de moyenne en milieu naturel.
- Un échec ne fait pas tout recommencer : seul le module échoué se repasse, lors d'une session ultérieure.
- Les critères sont connus à l'avance : l'examen est exigeant mais prévisible pour qui a travaillé pendant l'IDC.
- Les échecs viennent rarement du niveau technique mais d'une maîtrise insuffisante des standards ou d'une mauvaise gestion du stress.
- La préparation se joue pendant tout l'IDC, à travers les mises en situation répétées avec votre Course Director.
L'Instructor Examination (IE) est l'étape finale avant l'obtention du statut d'Open Water Scuba Instructor. C'est aussi celle qui génère le plus d'appréhension chez les candidats et souvent bien au-delà de ce qu'elle mérite, faute de savoir précisément ce qui s'y joue.
Ce guide décrit dans le détail ce que l'examinateur évalue réellement, comment s'enchaînent les quatre blocs d'épreuves, sur quels critères précis vous êtes noté, ce qui fait concrètement échouer les candidats, et comment structurer une préparation efficace tout au long de l'IDC plutôt que dans la panique des derniers jours.
Vous en avez besoin parce qu'un candidat qui sait exactement ce qui l'attend arrive détendu, alors qu'un candidat qui découvre les règles du jeu sur place arrive tendu et le stress est, de très loin, la première cause d'erreurs évitables le jour de l'examen. Comprendre la logique de l'évaluation avant d'y être confronté change concrètement votre façon de vivre ces deux journées.
Avant d'aller plus loin, deux réflexes utiles : relisez notre article sur le réseau construit pendant l'IDC si ce n'est pas déjà fait, et gardez un œil sur les retours d'expérience partagés régulièrement sur notre compte Instagram — les candidats qui viennent de passer l'IE y racontent souvent, à chaud, ce qui les a surpris. Les modalités pratiques pouvant évoluer, faites par ailleurs toujours confirmer les détails d'organisation par votre Course Director.
Le parcours jusqu'à l'IE
L'IE ne se présente pas isolément : elle vient clore un cursus précis, dont chaque étape conditionne la suivante.
- Divemaster PADILe premier niveau professionnel, prérequis à l'entrée en IDC.
- IDC : Assistant Instructor puis OWSILa formation pédagogique proprement dite, conduite par un Course Director.
- EFR InstructorLa qualification de formateur aux premiers secours, obligatoire pour se présenter à l'IE.
- Instructor ExaminationL'évaluation finale, conduite par un examinateur PADI.
- Activation du statutUne fois l'IE réussie, PADI active votre statut d'instructeur. Vous pouvez enseigner dès que vous êtes couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle.
Les prérequis officiels (âge minimum, ancienneté de certification, nombre de plongées enregistrées, certificat médical) sont détaillés sur la page PADI de l'Open Water Scuba Instructor. Vérifiez-les avant de vous inscrire à l'IDC, pas à la veille de l'examen.
Qui vous évalue
L'IE est conduite par un PADI Examiner, missionné par PADI EMEA pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique. Il n'a joué aucun rôle dans votre formation, ce qui garantit que tous les instructeurs PADI, où qu'ils aient été formés, répondent aux mêmes exigences. C'est précisément ce qui rend la carte d'instructeur PADI reconnue partout dans le monde.
L'examen s'ouvre par une orientation, où l'examinateur présente le programme, les règles et les critères. L'ambiance est neutre et professionnelle plutôt que sévère : l'examinateur n'est pas là pour vous piéger, mais pour vérifier que vous remplissez des critères connus de tous.
Ce que l'IE évalue réellement
C'est le malentendu le plus répandu chez les candidats : ils se préparent comme s'il s'agissait d'un examen de plongée. Ce n'en est pas un.
Enseigner, pas performer
L'examinateur observe votre capacité à appliquer les standards PADI dans des situations réelles d'enseignement : comment vous briefez, comment vous organisez un exercice, comment vous repérez une difficulté chez un élève et comment vous la corrigez. Votre aisance personnelle sous l'eau n'est évaluée que dans la mesure où elle sert cette démonstration.
Cela a une conséquence concrète et contre-intuitive : une démonstration parfaite d'un point de vue technique peut être jugée insuffisante si elle est trop rapide pour être suivie par un débutant. Les gestes doivent être lents, décomposés, exagérés et pédagogiques avant d'être élégants.
La sécurité comme fil conducteur
Tout ce qui est évalué converge vers une question unique : cette personne peut-elle prendre en charge des plongeurs en formation dès demain sans les mettre en danger ? Le positionnement du groupe, le contrôle visuel, la gestion d'un élève qui décroche, la réaction face à un problème simulé pèsent lourd.
L'IE ne cherche pas à savoir si vous êtes un plongeur parfait. Cet examen cherche à savoir si on peut vous confier des débutants dès la semaine prochaine.
Le déroulé des épreuves
L'examen se déroule sur deux jours. Il combine quatre blocs d'épreuves, regroupés en trois modules indépendants : théorie et présentation en salle, eau confinée, milieu naturel.
Les deux écrits
Un QCM de théorie de la plongée et un examen sur les standards PADI : prérequis, ratios, profondeurs, conditions d'enseignement.
Présentation en salle
Un cours de remédiation à donner à partir d'une question qu'un élève fictif a manquée, avec introduction, développement et conclusion.
Milieu protégé
Un circuit de cinq démonstrations à faire sous l'eau puis une présentation de pédagogique en milieu protégé face à des élèves simulés qui commettent des erreurs.
Milieu naturel
Deux exercices encadrés en mer au cours d'une même plongée, puis un exercice de sauvetage en surface.
La présentation en salle
L'examinateur vous attribue un sujet à partir d'une question manquée par un élève fictif. Votre rôle n'est pas de faire un exposé général, mais de corriger précisément cette lacune : introduction qui situe l'intérêt du sujet, développement centré sur ce que l'élève n'a pas compris, conclusion qui vérifie l'acquisition. Le piège classique consiste à vouloir tout dire sur le sujet au lieu de traiter le problème posé.
La présentation en milieu protégé
C'est souvent l'épreuve la plus redoutée, et celle qui structure le plus la préparation. Le schéma attendu est constant : un briefing clair, une démonstration décomposée, une mise en pratique par les élèves, la correction des erreurs, puis un débriefing.
Les élèves simulés introduiront délibérément des erreurs. Votre travail consiste à les détecter, à les corriger au bon moment et de la bonne manière sans interrompre inutilement le reste du groupe, et sans laisser passer ce qui touche à la sécurité.
Un point à connaître : si votre propre démonstration de la compétence est incorrecte, c'est l'ensemble de la présentation qui reçoit la note de 1. La démonstration n'est pas un détail parmi d'autres, c'est le socle de l'épreuve.
Le circuit des 5 démonstrations
Cinq démonstrations sont tirées au sort parmi celles du programme, et vous les démontrez l'une après l'autre comme devant des élèves débutants. Chacune est notée sur 5. L'examinateur regarde la lenteur, la décomposition et l'exagération des gestes : une compétence exécutée vite et proprement, à la manière d'un plongeur expérimenté, sera moins bien notée qu'une compétence lente et parfaitement lisible.
La présentation en milieu naturel
Mêmes principes, avec trois différences majeures : les conditions ne sont pas maîtrisées, le groupe se déplace, et la visibilité peut compliquer la surveillance. L'organisation du site, le positionnement et le contrôle du groupe deviennent aussi importants que la compétence enseignée. Vous enseignez deux exercices au cours de la même plongée, chacun avec son briefing, la détection de l'erreur, sa remédiation et son débriefing.
Attention : à l'inverse de la session en milieu protégé, en milieu naturel, le moniteur ne doit pas faire de démonstration car l'élève met en applicaiton ce qu'il a déjà acquis en milieu protégé, sauf si l'exercice n'a jamais été vu auparavant (par exemple l'utilisation du parachute).
L'exercice de sauvetage en surface
Il s'agit de prendre en charge un plongeur inconscient qui ne respire pas, à la surface. L'examinateur attend une exécution conforme au protocole PADI, sans improvisation. Les points qui font la différence :
- Deux insufflations initiales, lentes, dès la prise en charge.
- Une insufflation toutes les 5 secondes, maintenue sans interruption pendant tout l'exercice.
- Le retrait de l'équipement de la victime et du vôtre, sans interrompre la ventilation.
- Un remorquage efficace vers le point de sortie, tout en continuant à ventiler.
C'est un exercice qui se travaille comme une chorégraphie : répété suffisamment pour que l'enchaînement devienne automatique, même sous le regard de l'examinateur. Il s'agit avant tout d'une démonstration en tant que moniteur qui enseigne cet exercice à ses futurs Rescue Diver et Divemaster.
Les épreuves écrites : ce qui piège les candidats
Les deux écrits sont souvent traités comme la formalité de l'examen. C'est une erreur d'appréciation, et ils figurent parmi les causes d'échec les plus fréquentes chez des candidats par ailleurs excellents dans l'eau.
L'écrit de théorie couvre des domaines qu'un instructeur doit maîtriser pour répondre à ses futurs élèves : physique, physiologie, matériel, tables et techniques et environnement. Les candidats qui plongent depuis des années avec un ordinateur redécouvrent parfois qu'ils ont oublié les raisonnements sous-jacents. Le QCM compte cinq domaines de 12 questions chacun, en 1 h 30, et il faut obtenir 75 % dans chacun d'eux : une moyenne correcte ne compense pas un domaine faible.
L'écrit de standards, lui, ne se devine pas. Il ne demande pas d'opinion ni de bon sens mais une connaissance exacte : quel ratio pour quel exercice, quelle profondeur pour quel niveau, quels prérequis pour quelle formation. C'est la partie la plus rentable de votre temps de révision, parce qu'elle est entièrement prévisible. L'examen compte 50 questions en 1 h 30, avec 75 % requis. Il se passe à livre ouvert (Instructor Manual et Guide to Teaching autorisés), ce qui rassure à tort : sans une connaissance solide de l'organisation des manuels, le temps manque pour chercher chaque réponse. Et c'est la seule épreuve qui ne se repasse pas pendant la session.
Les seuils de réussite, épreuve par épreuve
Chaque épreuve a son seuil et sa règle de repassage. Les connaître évite deux erreurs opposées : paniquer pour une note qui passe, ou se croire tranquille avec une note qui ne passe pas.
| Épreuve | Format | Seuil | Si c'est raté |
|---|---|---|---|
| Théorie (QCM) | 5 domaines × 12 questions, 1 h 30 | 75 % dans chaque domaine | Un domaine raté : nouveau test de 12 questions en 30 min. Deux domaines : module à repasser |
| Standards | 50 questions, 1 h 30, livre ouvert | 75 % | Pas de repassage pendant la session |
| Présentation en salle | Remédiation sur une question manquée | 3,4 / 5 | Second sujet présenté dans la foulée |
| Présentation en eau confinée | Briefing, démonstration, gestion, débriefing | 3,5 / 5 | Second sujet. Une démonstration incorrecte vaut 1 à toute la présentation |
| Circuit de compétences | 5 compétences tirées au sort | 17 / 25, aucune sous 3 | Total atteint mais une compétence sous 3 : seule celle-ci est refaite. Total sous 17 : circuit complet |
| Milieu naturel | 2 exercices dans la même plongée | 3,4 de moyenne | Pas de repassage immédiat |
| Sauvetage en surface | Plongeur inconscient, non ventilé | Exécution conforme | Repassage possible |
Comment vous êtes réellement noté
L'évaluation repose sur une grille de critères connus, ce qui rend l'examen prévisible pour qui les a travaillés.
| Critère évalué | Ce que l'examinateur observe | Erreur typique |
|---|---|---|
| Briefing | Clarté, exhaustivité, sécurité couverte | Oublier un élément de sécurité par précipitation |
| Démonstration | Lenteur, décomposition, lisibilité | Exécuter trop vite, en plongeur et non en pédagogue |
| Détection d'erreur | Repérage effectif des problèmes simulés | Se déconcentrer à cause du stress |
| Correction | Pertinence, moment choisi, efficacité | Corriger tout en même temps, ou rien du tout |
| Contrôle du groupe | Positionnement, contact visuel, sécurité | Se placer de façon à ne pas voir tout le monde |
| Débriefing | Retour utilisable, ton constructif | Enchaîner sans consacrer de temps au retour |
Ce qui pèse le plus lourd
Tout ce qui touche à la sécurité est éliminatoire ou fortement pénalisant : un ratio non respecté, une profondeur dépassée, un élève perdu de vue ou encore une violation des standards. Ces points ne se rattrapent pas par la qualité du reste de la prestation, précisément parce qu'ils constituent le cœur du métier.
Les erreurs les plus fréquentes
Neuf erreurs qui reviennent systématiquement
- Vouloir démontrer parfaitement plutôt que de démontrer lentement et lisiblement.
- Négliger les standards au profit du seul entraînement pratique, alors qu'ils sont la base de l'évaluation.
- Réciter un briefing appris par cœur, ce qui s'entend immédiatement et empêche toute adaptation.
- Se focaliser sur un élève en difficulté et perdre le contrôle visuel du reste du groupe.
- Sous-estimer la gestion du stress, qui transforme une compétence maîtrisée en oubli le jour J.
- Bâcler le débriefing, alors qu'il fait partie intégrante de l'évaluation.
- Arriver fatigué après des révisions nocturnes, au détriment de la lucidité.
- En dire trop : compliquer une explication ou une présentation qui devait rester simple et ciblée.
- Relâcher son attitude professionnelle entre les épreuves : ponctualité, tenue et comportement font partie de ce que l'examinateur observe.
L'erreur de fond : confondre exécution et transmission
Derrière la plupart de ces points, on retrouve une même confusion. Le candidat pense être évalué sur ce qu'il sait faire, alors qu'il est évalué sur sa capacité à le faire acquérir à quelqu'un d'autre. Ce basculement mental est le véritable enjeu de l'IDC, bien plus que l'apprentissage de gestes déjà maîtrisés.
Le décalage entre le ressenti et l'évaluation
Un phénomène revient à chaque session : les candidats sortent de leur présentation persuadés d'avoir échoué, alors que l'évaluation est correcte et inversement. Le ressenti immédiat est un très mauvais indicateur, parce qu'il se concentre sur la seule erreur dont on a conscience.
L'examinateur, lui, évalue l'ensemble d'une prestation sur des critères précis. Un oubli mineur que vous avez vécu comme un désastre peut ne pas peser, tandis qu'un défaut de surveillance dont vous n'avez pas eu conscience pèsera lourd. C'est une raison supplémentaire d'écouter le débriefing avec attention plutôt que de le traverser en anticipant le verdict.
Bien se préparer, pendant tout l'IDC
La préparation efficace ne se joue pas dans les derniers jours. Elle se construit pendant les deux semaines de formation.
Chez Sanary Plongée, cette logique structure tout le déroulé de l'IDC : chaque présentation donnée par un candidat est filmée ou observée par le Course Director, débriefée immédiatement, puis reprise dans les jours suivants sur un point précis. Nous organisons également un examen blanc complet, dans les mêmes conditions de timing et de rigueur qu'une véritable IE, avec un formateur qui joue le rôle de l'examinateur externe (élèves simulés compris). L'objectif n'est pas de rendre l'exercice confortable mais de faire en sorte que le jour de l'IE, le candidat ait déjà vécu une fois l'intégralité du format, du stress inclus. C'est très généralement ce qui fait la différence entre un candidat qui découvre la pression et un candidat qui la reconnaît et la gère.
Le jour J n'est pas le moment de découvrir son matériel
Un détail souvent sous-estimé : l'IE n'est pas l'endroit pour tester un masque qui prend l'eau ou un détendeur inconnu. Le stress de l'examen suffit largement sans y ajouter une variable matérielle. Les candidats qui arrivent avec leur propre équipement (masque, détendeur, gilet) déjà rodé pendant tout l'IDC suppriment une source d'imprévu qui n'a strictement rien à voir avec leur niveau réel. Ce n'est pas un détail de confort : c'est une façon concrète de reprendre le contrôle sur ce qui peut l'être, un jour où tout le reste échappe déjà en partie à votre contrôle.
Pour vérifier précisément les prérequis officiels et le déroulé attendu du cursus, la page PADI dédiée à l'Open Water Scuba Instructor reste la référence à consulter directement. C'est le document qui fait foi en cas de doute sur une condition d'admission ou une modalité d'examen.
Sur la gestion du stress elle-même, la technique n'a rien de spécifique à la plongée : les répétitions filmées puis analysées, telles qu'on les utilise en préparation aux entretiens d'embauche ou aux prises de parole en public, fonctionnent tout aussi bien pour une présentation d'IDC. Se revoir soi-même est souvent plus efficace qu'un simple retour oral, parce que l'écart entre le ressenti et la réalité y devient impossible à ignorer.
Relations avec la suite de votre parcours
Ce que vous travaillez ici ne s'arrête pas à l'IE. La rigueur sur les standards, la capacité à décomposer une compétence pour la rendre transmissible, la gestion d'un groupe en milieu naturel : ce sont exactement les compétences que vous retrouverez, amplifiées, dès que vous chercherez à élargir vos ratings vers le Master Scuba Diver Trainer ou vers des spécialités instructeur. Autrement dit, ce que vous consolidez pendant l'IDC n'est pas un exercice isolé à oublier une fois le brevet en poche : c'est la base sur laquelle repose toute la suite de votre progression professionnelle chez PADI.
Les standards, en continu
Travailler les standards un peu chaque jour, en les reliant à des situations concrètes, donne des résultats sans commune mesure avec un bachotage de dernière minute. L'objectif n'est pas de les réciter mais de savoir les appliquer à un cas précis qu'on ne vous a pas encore présenté.
Les présentations, en répétition
Chaque présentation réalisée pendant l'IDC est une répétition générale. Demander des retours précis, les appliquer immédiatement à la présentation suivante, et accepter d'être corrigé sans le vivre comme un jugement : c'est ce cycle qui construit l'aisance.
Le rôle du Course Director
Un formateur impliqué ne se contente pas de valider : il vous met en difficulté volontairement pour que l'examen ne soit pas votre première confrontation à l'imprévu. C'est l'un des éléments qui distinguent le plus les IDC entre eux, bien davantage que le prix ou le cadre.
Les quinze derniers jours
Une organisation qui donne de bons résultats consiste à répartir la préparation plutôt qu'à l'empiler. Les standards se travaillent quotidiennement par petites séquences, en se testant sur des cas concrets. Les présentations se répètent en conditions réelles, pas en récitant dans sa tête.
La théorie se révise en identifiant d'abord ses points faibles, puis en y consacrant l'essentiel du temps. Beaucoup de candidats relisent surtout ce qu'ils maîtrisent déjà, parce que c'est plus confortable. Et les deux derniers jours se consacrent à la consolidation et au repos, jamais à la découverte de notions nouvelles.
Gérer le jour J
Le stress est la variable la plus sous-estimée, et la plus facile à travailler en amont.
- Préparer son matériel la veille, entièrement, pour ne pas ajouter de charge mentale le matin.
- Dormir plutôt que réviser : la lucidité vaut mieux qu'une relecture supplémentaire des standards.
- Prendre le temps du briefing : la précipitation est le premier symptôme du stress et la première cause d'oubli.
- Accepter l'imperfection : une erreur reconnue et corrigée est mieux évaluée qu'une erreur ignorée.
- Traiter les élèves simulés comme de vrais élèves, ce qui rend la prestation naturelle et évite le registre de la récitation.
Si quelque chose se passe mal pendant une épreuve
La réaction compte davantage que l'incident. Un candidat qui détecte son erreur, l'annonce et la corrige démontre exactement ce que l'on attend d'un instructeur sur le terrain. Un candidat qui poursuit comme si de rien n'était démontre l'inverse.
En cas d'échec sur une épreuve
Ce n'est pas la fin du parcours, et c'est beaucoup plus courant que ce que les candidats imaginent.
Plusieurs épreuves offrent un repassage immédiat pendant la session : second sujet pour les présentations, nouveau test pour un domaine de théorie, compétence isolée pour le circuit. Le tableau des seuils détaille ces règles.
Si un module reste échoué malgré tout, vous ne repassez que ce module, lors d'un IE ultérieure. Les modules réussis restent acquis. L'échec de l'ensemble de l'examen est rare : il concerne surtout les candidats qui n'avaient pas réellement le niveau attendu en sortie d'IDC.
Ce qu'il faut en faire
Le débriefing de l'examinateur est une ressource précieuse : il identifie précisément ce qui n'a pas fonctionné. Les candidats qui repassent avec succès sont généralement ceux qui ont traité ce retour comme un plan de travail plutôt que comme une sanction.
Combien coûte l'IE ?
Les frais d'examen sont distincts du prix de l'IDC et se règlent directement à PADI EMEA. Pour 2026 :
- IE complète : 833 € HT, soit 999,60 € TTC.
- Repassage d'un module : 414 € HT, soit 496,80 € TTC.
Ces frais sont à régler directement à PADI.
Après l'IE : la certification n'est qu'un début
Obtenir son OWSI ouvre une porte, mais ne construit pas encore un profil professionnel. Les mois qui suivent comptent autant que les deux semaines d'IDC.
Première étape, administrative : après la réussite, PADI active votre statut d'instructeur. Pour enseigner, il vous faut ensuite une assurance responsabilité civile professionnelle à jour. Ce n'est qu'à ces deux conditions que vos premières certifications sont valables.
Les priorités sont claires : accumuler des certifications réelles, élargir progressivement ce que vous pouvez enseigner, et construire des références solides. Le quotidien réel du métier donne une image concrète de ce qui vous attend, et la question du MSDT se posera assez vite dans votre progression : ce rating s'obtient avec cinq spécialités instructeur et un nombre minimal de certifications (25 plongeurs certifiés), et ouvre ensuite la voie vers l'IDC Staff Instructor.
Si vous êtes encore en amont, au stade du Divemaster ou de la réflexion initiale, le calendrier entre Divemaster et IDC vous aidera à vous positionner sans brûler les étapes.
Ce qu'il faut retenir avant de s'y présenter
Si l'IE impressionne autant de candidats, c'est essentiellement parce qu'il reste mal compris avant d'être vécu. Une fois qu'on sait qu'il évalue une capacité à enseigner en sécurité, la préparation change complètement de nature, et l'appréhension recule d'autant.
Ce guide a parcouru l'essentiel : ce que l'examinateur observe réellement, le déroulé des quatre blocs d'épreuves, la grille de notation et ce qui pèse le plus lourd dedans, les erreurs qui reviennent d'une session à l'autre, et la manière de structurer sa préparation sur l'ensemble de l'IDC plutôt que dans la panique des derniers jours.
Concrètement, les points de "L'essentiel à retenir" en début d'article restent votre feuille de route la plus utile : ils tiennent en quelques lignes ce qui, en pratique, détermine la réussite ou l'échec le jour de l'examen. Si vous ne deviez retenir qu'une chose au sortir de cette lecture, ce serait celle-ci : les échecs viennent presque toujours des standards ou du stress, rarement du niveau technique.
L'obtention de l'OWSI n'est pas un aboutissement mais un point de départ. Votre formation continue chez PADI se poursuit naturellement au-delà, vers de nouvelles spécialités, davantage d'autonomie pédagogique, et à terme le statut de Master Scuba Diver Trainer. Et d'ici là, gardez ce réflexe simple : présentez-vous à votre IE avec votre propre équipement, déjà rodé, plutôt qu'avec du matériel découvert sur place. C'est une variable de moins à gérer, un jour où vous en avez déjà suffisamment sur les épaules.
À lire ensuite
Une fois l'OWSI en poche, la question du MSDT se pose vite. MSDT avant IDC Staff : une étape utile ou une dépense inutile ? vous aide à trancher avant de vous engager.
Questions fréquentes
L'IE est-elle un examen difficile ?
Elle est exigeante mais prévisible. L'examinateur évalue des critères connus à l'avance, sur des situations travaillées pendant tout l'IDC. Le taux de réussite des candidats sérieusement préparés est élevé : ce qui fait échouer relève presque toujours d'une préparation insuffisante des standards ou d'une gestion du stress mal anticipée, rarement du niveau technique.
Qui fait passer l'examen ?
L'IE est conduite par un examinateur PADI externe, indépendant du centre où vous avez suivi votre IDC. C'est précisément ce qui garantit l'homogénéité du niveau des instructeurs dans le monde entier : votre Course Director vous forme, mais il ne vous évalue pas le jour de l'examen final.
Faut-il être un plongeur d'exception pour réussir ?
Non. L'IE n'évalue pas votre performance de plongeur mais votre capacité à enseigner en sécurité. Les démonstrations doivent être lentes, exagérées et lisibles par un débutant — ce qui est très différent d'une exécution rapide et efficace. Beaucoup d'excellents plongeurs doivent justement désapprendre cette efficacité.
Peut-on repasser une épreuve échouée ?
Oui. Plusieurs épreuves offrent un repassage immédiat pendant la session (second sujet de présentation, nouveau test pour un domaine de théorie). Si un module reste échoué, seul ce module se repasse lors d'une IE ultérieure, les autres restant acquis. Seul l'examen des standards ne se repasse pas pendant la session.
Combien de temps dure l'examen ?
L'IE dure entre un jour et demi et deux jours, selon le nombre de candidats. Elle combine les écrits, la présentation en salle, les épreuves en eau confinée et celles en milieu naturel.
Quelle est la meilleure préparation possible ?
Les mises en situation répétées pendant l'IDC, avec des retours précis d'un Course Director impliqué. Apprendre les standards par cœur la veille ne fonctionne pas : c'est leur appropriation progressive, à travers des présentations réelles, qui fait la différence le jour de l'examen.
Combien coûte l'IE ?
Pour 2026, les frais versés à PADI EMEA sont de 833 € HT (999,60 € TTC) pour l'examen complet, et de 414 € HT (496,80 € TTC) pour le repassage d'un module. Vérifiez si votre centre les inclut dans le prix de l'IDC.
Quels sont les prérequis pour se présenter à l'IE ?
Avoir suivi l'IDC (Assistant Instructor et OWSI) et être EFR Instructor, en plus des prérequis d'âge, d'ancienneté, de nombre de plongées et de certificat médical fixés par PADI pour l'Open Water Scuba Instructor.
Où passer l'IE en France ?
PADI EMEA organise plusieurs sessions par an en France, dont régulièrement dans le Var. Le calendrier officiel des Instructor Examinations est consultable sur le site de PADI, et votre Course Director vous oriente vers la session la plus proche de la fin de votre IDC.
Quel est le taux de réussite ?
PADI ne publie pas de taux de réussite officiel. Les candidats sérieusement préparés réussissent dans leur grande majorité, et la plupart des échecs portent sur un seul module, qui se repasse sans recommencer tout l'examen.
Préparez votre IE dans les meilleures conditions
Un IDC structuré, des mises en situation exigeantes et des retours précis : c'est ce qui transforme un candidat informé en candidat prêt. Parlons de votre préparation.
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Sources et références
- PADI : Open Water Scuba Instructor, prérequis et déroulé
- PADI : calendrier des Instructor Examinations
- PADI EMEA : calendrier 2026 des IE (PDF)
- PADI Instructor Manual, édition en vigueur
